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Histoire du village de Blehen

Blehen, village belge de la commune de Hannut en Wallonie (mais seulement détaché de Lens-Saint-Remy en 1896), est borné au Nord par Poucet, à l’Est par Abolens, au Sud par Lens-Saint-Remy, à l’Ouest par Lens également ainsi que Villers-le-Peuplier.

Le territoire comprend deux parties : l’une, appelée en wallon avè la bas, est située dans une large dépression de terrain. Le cours d’eau intermittent qui y prend naissance se dirige vers l’Est, vers Abolens. L’autre partie, bâtie sur la ligne de faîte qui sépare le bassin mosan de celui de l’Escaut, a reçu l’appellation d’avè la how.

Pour une superficie proche de 198 hectares, la commune comptait, en 2007, 252 habitants. D’après des recensements, sa population était de 310 âmes en 1896, de 352 en 1910 et de 317 en 1938. Les occupations des Blehinois étaient très variées : il y avait notamment 4 épiciers, 2 fermiers, 4 agriculteurs, 2 maçons, 2 tailleurs, 1 menuisier,  1 cordonnier, 1 boucher et 1 peintre en bâtiments.

Alors qu’on comptait 35 maisons en 1835, en 1968 on en dénombre 70, dont deux fermes et deux grandes habitations : l’une est dénommée château d’Herzée, l’autre, le château de Blehen, ancienne propriété de Mademoiselle Suzanne de Mélotte de Lavaux, est occupée désormais par le baron Patrick de Villenfagne et son épouse.

En ce qui concerne les voies de communication, il faut mentionner le « vicinal » Hannut-Jemeppe, qui a desservi le village jusqu’en 1950, est est de nos jours remplacé par les lignes d’autobus Hannut-Waremme et Hannut-Liège.

D’après les registres de la cure, un sanctuaire, dédié à saint Antoine, fut construit en 1333. Un autre édifice du culte fut érigé en 1775 : au XIXe siècle, il était considéré comme chapelle auxiliaire de Lens-Saint-Remy. La nouvelle église, commencée en 1869 et achevée en 1875, est dédiée à saint Pierre. Elle renferme plusieurs pierres tombales, la plus ancienne signalant un décès en 1643. 

Il existe également une chapelle dédiée à saint Donat, protecteur de la foudre. Construite en 1755, rebâtie, elle abrite la pierre tumulaire du colonel Gérard de Collaert, décédé le 28 octobre 1836.

L’existence d’une confrérie de Saint-Antoine est attestée dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il importe de signaler que pendant longtemps un pèlerinage à saint Antoine ermite attira les foules villageoises à Blehen, le 17 janvier de chaque année, lors de la fête du saint. On peut considérer qu’après la Grande Guerre il cessa d’avoir lieu. Mais le 4 juillet 1975, la confrérie fut recréée à l’initiative de 4 Blehinois : Auguste Bousmanne, Clément Materne, Luc Laruelle et Louis Fraipont. Le pélerinage à Saint-Antoine fut donc également remis au goût du jour et donne l’occasion encore de nos jours à la tenue d’un chapître d’intronisation de nouveaux membres. L’Ordre de Saint-Antoine compte une quinzaine de moines actifs autour de leur Prieur dans le domaine de la philanthropie (vente aux enchères au profit d’oeuvres caritatives, visite aux personnes isolées et âgées, etc.) et du respect des traditions locales (folklore, brasserie, tripaille, etc.).

De même que les localités environnantes, le village a des origines lointaines. Des vestiges archéologiques attestent que l’homme préhistorique y avait fixé son habitat. De la période gallo-romaine subsistent un tumulus du Ier siècle ainsi que les fondations d’une villa. Le souvenir des Francs est ausi présent puisque le nom du lieu est d’origine germanique.

La seigneurie, relevant en fief de la cour féodale de Hesbaye, était une enclave liégeoise dans les terres brabançonnes. Elle appartenait au chapitre de Saint-Pierre en Liège qui y possédait une cour de justice, d’où on appelait aux échevins de Liège. Il est probable que la noble famille portant le nom de Blehen possédait l’avouerie du village.

Plusieurs grandes familles étaient propriétaires de biens importants : ce fut le cas, par exemple, des Hamal et des d’Oyembrughe de Duras. A la fin du XVIe siècle, Raes del Vignette, bourgeois liégeois, vendit ses fermes à Riga delle Thour et à Riga de Hemricourt. Au siècle suivant, il  y eut comme possédants : Arnold de Longchamps puis ses filles, Marie-Agnès, Barbe et Charlotte, et enfin MM. de Brialmont et de Meers. Le baron de Schonhoven, le sieur Pontier et la famille de Collaert, successivement possesseurs de la ferme nommée lé vîye cinse, se sont partagé, au XVIIIe siècle, presque toute la superficie de la commune.

Au chapitre des gloires locales, en plus de l’ancienne et illustre famille des seigneurs de Blehen, citons Monseigneur Delvaux (1681-1761), seizième évêque d’Ypres ; docteur en théologie, président du collège Viglius, il fut recteur de l’université de Louvain en 1718 et 1723, chaque fois pour une durée de six mois.

Deux soldats intrépides sont également nés à Blehen. L’un, le colonel Marie-Joseph-Ferdinand-Gérard de Collaert, fit la retrait de Russie en compagnie de l’écrivain Stendhal (lorsqu’il ne s’appelait encore que Henri Beyle) ; l’autre, son frère cadet, Jean-Antoine-Philippe, commandait à Waterloo la cavalerie des Pays-Bas.

De nos jours, Blehen est un petit village dynamique où règne l’esprit de fête. En effet, la loi du 17 juillet 1970 condamnait Blehen à diparaître parmi les 17 villages de l’entité hannutoise. Mais les Blehinois décidèrent de résister ! Et le premier week-end du mois  de juillet 1975 fut créée la République Libre de Blehen qui, avec la Confrérie Saint-Antoine, sont encore de nos jours  les chevilles ouvrières de l’animation du village.

Un commentaire sur “Histoire du village de Blehen

  1. Que voilà de beaux renseignements! Merci déjà M. ISTA!

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